Historique de Peymeinade

Ancienne Gare - aujourd'hui Office de Tourisme
Eglise saint Roch
Avenue de Boutiny

Avant son indépendance vis-à-vis de Cabris en 1868, Peymeinade était son «aval», ses terres cultivables.
Elles ont depuis fort longtemps été occupées. Des fouilles archéologiques le prouvent.

En effet, des vestiges d’habitats Romains, un oppidum ligure dont les traces sont encore visibles à Peygros, une huilerie romaine au Candéou en service jusqu’au IIIe siècle furent mises à jour.

Par la suite certains sites furent réutilisés par des chaufourniers* au cours du XIIIè siècle notamment sur le site de Grangeneuve* , dont le toponyme est signe d’une activité agricole.
 
Le grand chemin Royal, voie de communication entre Nice et la Provence occidentale, passait par Grasse et Draguignan, en empruntant le chemin au bas du Vieux Village de Peymeinade. Les épices venues de Nice, les peaux travaillées de Grasse et le corail de Cannes suivaient ce tracé. Ainsi que les courriers ponctificaux.
 
Au XIVe siècle, les temps sont troublés, la peste noire dévaste le pays. Des millions d’hommes succombent en Europe, il ne restera que 13 habitants en 1385 réfugiés près de la cathédrale de Grasse. Les bandes de brigands* font la loi, Cabris et ses terres seront désertées pendant des dizaines d’années.
 
Un siècle plus tard, en 1496, par un contrat appelé "Acte d'habitation", le seigneur Cabris, Balthazar de Grasse, fait venir 52 familles de la région de Menton pour repeupler le village de Cabris. Ces familles peuvent cultiver les terres qu'elles désirent mais doivent payer des droits au Seigneur de Cabris. L'aval reste inhabité mais sert de zone de culture et de parcours pour le bétail. On plante de la vigne, des oliviers, du blé, du chanvre...  Ces mêmes familles, croissant, finiront par souhaiter s’installer définitivement sur leurs terres de culture en contrebas de Cabris (peymeinade). Ils formeront les premiers habitants de Peimeinade.
 
De plus, dans «l'aval» on trouve des sources, la plus importante étant à la Bléjarde, où se trouve encore le lavoir «Frédéric Mistral».
 
D’autre nom de lieu nous indique la présence de l’eau : «Font Coutéou»* , «La Moulière»*.
 
A partir de 1701 toutes les terres au-dessus du «Grand chemin» sont occupées et sur le site de Peymeinade, des maisons apparaissent à côté des «batimans» et «granges» .Le mot hameau est indiqué sur le cadastre:
 
«pour maison a hameau de pemejnade» (maison appartenant à Marc Court).
 
En 1722, la population de «l'aval» est devenue suffisamment nombreuse pour que les habitants écrivent à l'évêque pour lui demander d'établir un prêtre au "hameau de Peymeinade". Ils seront entendus, et, en 1724, un vicaire sera nommé.
 
Peymeinade deviendra alors une paroisse.  Paroisse déjà importante en 1729, puisque dans une lettre adressée à l'évêque, le vicaire Toussans donne 320 communiants pour la paroisse de Peymeinade, ce qui correspond à une cinquantaine de maisons existant dans «l'aval».
 
Ce hameau va s'agrandir, des maisons se construisent sur le site. On peut voir, sur certains frontons des maisons du "vieux village" actuel, la date de leur construction : 1724 pour la «maison presbytérale»,1739, 1743, 1766 pour des particuliers, 1746 pour l'église.
 
Le peuplement s'accélère au XVIIIe siècle : en 1765 on compte pour tout le terroir de Cabris, 1386 habitants, 366 maisons.
 
Dès 1786 et sous la Révolution, les habitants de Peymeinade feront des tentatives pour se séparer de Cabris…
 
Après de nombreuses demandes rejetées, c'est finalement  le 19 juin 1868 que le conseil municipal de Cabris accepta le projet de partage. Le préfet des Alpes-Maritimes publia l'arrêté de création de  la commune de Peymeinade.  Jean Giraud en sera le premier Maire.
 

LE MOYEN AGE

Au début du XIIIe est édifié le village fortifié, ou "castrum", de Cabris. A partir de ce moment là, le territoire de l'actuelle commune de Peymeinade constitue "l'aval" de la seigneurie de Cabris. Des chaufourniers s'installent dans cet "aval", dans l'ancienne huilerie romaine. Ils fabriquent de la chaux dans le grand four, chaux servant à tanner les cuirs de Grasse qui sont ensuite teintés en vert par les feuilles de myrte ramassées au Peygros. Au XIVe siècle, le pays est dévasté par les épidémies de peste et les bandes de "routiers" (anciens hommes de guerre livrés à eux mêmes) et se dépeuple pour des décennies.

 

L'ORIGINE ET L'EVOLUTION DE PEYMEINADE

Ce n'est qu'au début du XVIIIe siècle que certains habitants de Cabris commencent à résider en permanence dans l'aval, dans des maisons construites sur une petite colline au pied de la grande colline de Cabris. En 1701 le toponyme "Hameau de Peymeinade" apparaît dans les cadastres. C'est cette petite éminence qui a donné son nom à Peymeinade.

Pey signifiant "éminence ou colline", Meinade signifiant " petit enfant". Au XVIIIe siècle la population augmente considérablement et en 1724, le hameau de Peymeinade devient paroisse.

On construit une chapelle, remplacée rapidement par un nouvel édifice : l'église Saint Roch. Un peu plus tard vers 1760, on édifie la chapelle Saint Marc, au bord du chemin royal.

Des hameaux apparaissent aux Jacourets et aux Jaïsous où l'on bâtit une nouvelle chapelle au milieu du XIXe siècle. A la même époque, les croisements des chemins sont parfois marqués par des oratoires (Pradons, Jacourets, Jaïsous...). En 1868 la population de Peymeinade est supérieure à celle de Cabris et Peymeinade obtient sa séparation d'avec Cabris et son statut de commune indépendante.

En 1869 intervient un autre événement majeur : la construction du canal de la Siagne. Créé pour alimenter en eau la ville de Cannes, il apporte l'eau à tous les villages qu'il traverse. La commune a alors la possibilité de construire des fontaines et lavoirs mais, par manque d'argent, elle ne le fera que graduellement.

C'est à cette époque aussi que l'on construit la ligne de chemin de fer NICE-DRAGUIGNAN. La gare de Peymeinade, de troisième classe, est inaugurée le 25 Août 1890. L'emplacement du bureau du chef de gare correspondait à l'emplacement de l'actuel Office du tourisme. La salle des fêtes actuelle était la halle de marchandises. Le train circulera jusqu'en Août 1944, date à laquelle un commando Allemand fit sauter le viaduc qui enjambait la Siagne.

Jusqu'au milieu du XXe siècle, Peymeinade reste une commune essentiellement rurale ; les paysans " font la fleur", ils récoltent le Jasmin, la Rose, la Violettela Tubéreuse pour les usines de parfums de Grasse.    

A partir du milieu du XXe siècle, les terres cultivables disparaissent peu à peu au profit de constructions résidentielles. La population est ainsi passée, entre 1970 et 2008, de 2000 Hab. à 7681 Hab., ce chiffre triplant presque pendant la saison estivale.

Le village de Peymeinade est devenu une ville avec toutes ses fonctions où le visiteur appréciera toutes les commodités tout en goûtant au charme de ses promenades champêtres sur les bords du canal de la Siagne ou dans la forêt de Peygros.

Enfin, dans les paisibles ruelles du vieux village, le visiteur pourra découvrir les traces du passé et facade de maison peinte en trompe-l'oeil, par un fresquiste renommé, Guy Ceppa.

 

* Remarques :
 
1 - Les chaufourniers fabriquent de la chaux en brûlant du calcaire fin trouvé sur place dans les ruines.
2 - Grange-Neuve est un terme que l'on retrouve ailleurs dans la région. «Il s'agit de domaines ruraux d'origine religieuse ou seigneuriale créés aux XIIe ou XIIIe siècle».
D'après Aune (Lucien), Bastides Bories Hameaux, L'habitat dispersé en Provence
3 - Les routiers sont d'anciens soldats qui, lorsqu'ils ne sont plus employés par le roi, restent groupés et rançonnent la région.
4 – Font Coutéou : Coteau d’une colline
5 – La Moulière : terres humides, petites sources
 
D’après Guy FENEROL, Professeur d’Histoire «peymamade, peimeinade, pimainado» trouvés dans les archives des
cadastres de 1627, 1629, 1671, alors qu'il n'existe encore aucune maison habitée en permanence sur le site du futur village de Peymeinade.
Le mot «pey» n'existe pas en provençal, c'est un mot d'origine ancienne,
dérivé du latin podium, que l'on retrouve dans puy en Auvergne et pièi en Languedoc, et qui signifie hauteur, colline
F. Mistral traduit «meinada» par famille, gens de la maison, troupe d'enfants.
La plus poétique des versions pourrait se traduire par «La colline des enfants». Ou encore «La petite colline», D'ailleurs on
peut observer l'identité de construction et l'opposition de sens entre Pey-gros, grosse colline et Pey-meinade, petite colline.